Christian Jimenez (Diamant Bleu Gestion) : « Les actions européennes peuvent connaître une troisième année consécutive de hausse » | Finance de marché

Christian Jimenez (Diamant Bleu Gestion) : « Les actions européennes peuvent connaître une troisième année consécutive de hausse »

Christian Jimenez (Diamant Bleu Gestion) : « Les actions européennes peuvent connaître une troisième année consécutive de hausse »

Même si les récentes décisions de la Banque Centrale Européenne ont poussé les indices de la région vers de nouveaux sommets, il est encore possible de se positionner sur certains retards de valorisation insiste Christian Jimenez, Président co-fondateur de Diamant Bleu Gestion.

Suite aux annonces de la Banque Centrale Européenne et la mise en place de taux quasi-nuls (taux de refinancement à 0.15%) voire négatifs (taux de dépôt à -0.10%), les marchés actions semblent avoir franchi un nouveau palier à la hausse en Europe. Pensez-vous que la tendance peut perdurer en 2014 ? Les risques économiques (inflation faible, euro fort, reprise lente) ou politiques (situation en Ukraine) sont-ils ignorés dans la zone euro ?

Christian Jimenez : Même si les actions européennes ont beaucoup monté depuis 2012, il nous semble qu’elles peuvent connaître une troisième année consécutive de hausse, non pas par les multiples qui sont revenus à un niveau normal, mais par la croissance des bénéfices si la reprise économique qui s’amorce se confirme, ce que nous croyons. Nous avions annoncé fin 2013 une hausse des bourses européennes de 10% en moyenne en 2014. Avant les annonces de la BCE du 5 juin dernier, la moitié du chemin était fait. Nous pensons que la seconde moitié suivra, même si l’évolution pourra être heurtée.

Les facteurs de volatilité sont en effet nombreux : outre les facteurs exogènes comme la situation en Ukraine (qui peuvent faire baisser le marché ponctuellement, mais pas durablement, constituant ainsi des points de renforcement), le paramètre qui nous inquiète le plus est le taux de chômage qui, à 12%, est de nature à freiner le redémarrage massif de la consommation, principal moteur de la relance.

Avec l’arrêt progressif du plan d’assouplissement quantitatif aux Etats-Unis et la probable hausse des taux directeurs à terme, pensez-vous que le risque est plus important encore sur les marchés actions US ? Les fondamentaux ou les cours vous paraissent-ils plus sains aux Etats-Unis ou en Europe ?

C. J : Nous pensons que les actions US sont correctement valorisées et qu’il y a plus à gagner à court terme sur les actions européennes, même si le différentiel de croissance est en faveur des Etats-Unis. De façon générale, nous n’achetons pas les indices mais les valeurs, et des deux côtés de l’Atlantique, il y a des valeurs en retard de valorisation. Notre métier de gérant est de savoir détecter ces valeurs. On l’avait vu il y a près de 2 ans avec les banques européennes, notamment celles du sud ; le rattrapage boursier a été puissant et ne semble pas fini.

Quel secteur vous semble particulièrement attractif au sein des marchés actions, en Europe ? Est-il raisonnable de positionner sur les actions de la périphérie (Italie, Espagne, Portugal) afin de profiter d’un certain potentiel de rattrapage ? Est-il préférable de jouer le rattrapage de certaines entreprises en difficulté, à l’intérieur même du marché français par exemple ?

C. J : Outre les banques (Intesa, Santander et Espirito Santo), nous sommes positifs sur l’automobile (Volkswagen) et de façon plus générale sur les industries cycliques (Schneider). Après la puissante rotation sectorielle qui vient de se produire en faveur des télécoms et utilities, nous privilégions plutôt les valeurs exportatrices allemandes (Bilfinger, Mori Seki) qui ont sous-performé récemment alors que leurs fondamentaux sont excellents et que leur sensibilité à l’euro fort est faible. A côté de ces valeurs, il y a bien sûr de la place pour de belles valeurs latines en retard et aussi pour des entreprises françaises dont on peut parier le retournement (Peugeot).

Où diversifier son risque actuellement ? A travers une allocation également basée sur les marchés actions des pays émergents ? Sur des small ou mid caps ? Peut-on encore trouver des poches de rendement dans les obligations d’entreprise européennes ?

C. J : Pour diversifier les risques, les marchés émergents semblent redevenus intéressants, après la forte baisse qu’ils viennent de connaître. L’Inde présente actuellement un énorme potentiel.

Les small ou mid caps européennes aussi, notamment les françaises grâce à l’effet d’aubaine des flux qui arrivent sur les PEA-PME.

On peut aussi trouver des poches de rendement dans deux classes d’actifs :
– les obligations subordonnées d’entreprises européennes (voir les émissions récentes d’EDF ou de Volkswagen avec des rendements qui dépassent 4%),
– mais aussi les actions dites de rendement. Notre fonds Diamant Bleu Actions Rendement vise précisément ces actions dont le dividende tourne autour de 4% avec un beta faible et une bonne visibilité sur les résultats futurs.

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