Les bulles spéculatives et les indices passifs | Finance de marché

Les bulles spéculatives et les indices passifs

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La fin d’une bulle spéculative est toujours désagréable pour les investisseurs, mais elle l’est d’autant plus pour ceux qui choisissent de jouer les marchés à travers de simples indices passifs. La raison à cela est simple : ces indices passifs, très convoités des investisseurs défensifs, ont tendance à surpondérer des secteurs en pleine croissance lorsque les bulles grossissent, augmentant d’autant le risque de chute.

Exemples de surpondération

Le phénomène de surpondération n’est pas anodin. Fin 1989, le Japon représentait par exemple 63% de l’indice MSCI EAFE – construit pour refléter les actions issues des marchés développés d’Europe, d’Austrasie et de l’Extrême Orient. Cependant, après la « décennie perdue » du Japon (1989 – 1998), les actions du pays ne représentaient plus que 20% de l’indice. Dans le même laps de temps, l’indice EAFE a réussi, heureusement, à grimper de 34%, grâce à des pondérations en hausse sur d’autres pays où les actions montaient fortement.

Sur des périodes plus courtes, les effets de la surpondération peuvent également s’avérer dévastateurs. Exemple : lorsque la Bulle Internet des années 1990 a fini par éclater, le poids du sous-indice S&P 500 Technologies de l’information, l’un des 10 secteurs représentatifs du S&P 500, a perdu la moitié de son poids, de 33,3% à 15,4%. Le même type de chute peut être observé avec la grande crise financière de 2008, où les financières ont perdu près de 80% en cumulé.

Les exemples ci-dessus ne sont qu’un échantillon des distorsions présentes dans les indices passifs pondérés par la capitalisation de marché, où les règles de construction imposent de surpondérer des secteurs devenant de plus en plus populaires auprès des investisseurs. Lorsque ce phénomène est combiné à la tendance moutonnière des investisseurs – ces derniers se portant vers des secteurs supposément en vogue et pleins de promesses de rendements, les dégâts en matière de retour sur investissement peuvent s’avérer substantiels.

Le problème central n’est cependant pas de reconnaître que chaque phase spéculative contient les germes de son prochain éclatement. Il s’agit plutôt de prendre conscience que les indices conventionnels, passifs, au centre des stratégies d’investissements équilibrées, défensives, peuvent produire des phénomènes contre-intuitifs et générer une volatilité non désirée. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les indices intelligents, ou smart-Beta, pondérés sur d’autres critères que la capitalisation de marché, ont le vent en poupe depuis quelques années.

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